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Du musée au recyclage, les trouvailles d'AAF!

09/05/2018

Visite d’un musée, d’une galerie et de la bibliothèque recyclée

 

Il existe des journées qui chantent, des matinées vivifiantes, des rencontres qui ont un charme fou. Si on a de la chance, une de ces caractéristiques suffit pour nous gonfler le moral et on avance dans la journée avec l’assurance qu’elle finira bien .

Hier la baraka était avec moi, un triple coup gagnant qui me fait écrire ces quelques lignes aujourd’hui.

Tout a commencé avec la visite d’un musée privé caché au fond d’un chemin de terre entre deux labours. Quelle drôle d’idée d’avoir construit un temple de l’art moderne dans un lieu aussi excentré !

Nous sommes devant un bâtiment à l’architecture tout en simplicité à l’extérieur, finie avec soins à l’intérieur, rigoureuse et épurée dans les deux cas. Des prestations sobres pour mieux mettre en valeur une collection personnelle variée et joliment mise en espace.

Nous découvrons « Icons of Thinking : Images and Texts », une exposition choisie dans la collection privée du Musée Evliyagil et mise en espace par le commissaire d’exposition Beral Madra.

Quelques artistes Turcs, peintres, sculpteurs et photographes issus de l’ère modernistes et post modernistes sont présentés accompagnés de textes de philosophes de renoms ayant influencés le monde de l’art entre 1940 et 1970.

Des surfaces colorées délimitent les époques, les pensées et entrent en résonance avec les œuvres elles mêmes. L’exposition est déclinée sur trois étages, l’esthétique du lieu leur rend hommage, on respire avec elles.

Nous ressortons enchantées, Ankara recèle décidément quelques pépites !

 

 

 

Direction Cayyolu et l'art contemporain

 

Nous cherchons une galerie contemporaine dénommée Arte Sanat. Nous la localisons affiliée a un hôpital, là encore quelle surprise de constater ces deux métiers cohabiter.

Un autre monde nous attend dans cette galerie.

Architecture brutaliste, béton et ciment froids et sans finitions forment un espace d’une centaine de mètres carrés.

Deux énormes pyramides blanches occupent l’espace central, posées sur des journaux datant des années 80 maculés de peinture blanche.

Trois sculptures en marbre, une immense table garnies de feuilles de métal pliées et des dates anniversaires.

Quelques néons clignotent selon un rythme précis, et une étrange sculpture de pierre fixée à de grandes « pattes » en filins métalliques se cache derrière une cimaise.

Au mur sont accrochées des photos aux couleurs un peu passées et qui évoquent des travaux antérieurs et l’artiste, professeur d’art à l’université de Hacetepe.

 

Nous sommes plongées dans une démarche artistique résolument contemporaine mais malheureusement non traduite, et la jeune personne qui nous accueille nous orientera avec quelques mots d’anglais pour suivre la pensée de l’artiste. C’est un lieu engagé qui accueille 8 à 10 expositions par ans. La galeriste nous remet des beaux livrets qui relatent les activités de l’année 2017-2018, des artistes Turcs actuels exprimant leurs obsessions. A suivre…

 

 

Un lieu devenu viral sur les réseaux sociaux!

 

 

Nous enchaînons sur la recherche d’un lieu devenu viral en quelques semaines grâce à l’initiative personnelle d’une poignée d’employés contractuels de la ville de Cankaya, mais aussi grâce à la force des réseaux sociaux.

Il s’agit de la bibliothèque « des poubelles » que cette société de ramassage des ordures privée employé par la ville, a mis sur pied avec tout les livres usagés récupérés chaque jour par ses employés.

Nous avons quelques indications sommaires sur la localisation de la société en question et nous descendons dans une vallée derrière l’Institut français, au fond de laquelle nous espérons la trouver.

La vallée est verte et les amandiers en fleurs nous font oublier les dernières semaines pluvieuses. D’ailleurs un soleil radieux nous accompagne, c’est un réel plaisir de poursuivre notre chasse au trésor du jour !

Nous arrivons en vue de plusieurs camions de ramassage des ordures et au tournant, une magnifique ancienne briqueterie entièrement restaurée apparaît devant nous.

Nous exprimons à la sécurité notre désir de visiter la bibliothèque et sommes accueillies par un employé souriant et chaleureux qui nous ouvre la voie. Nous lui emboîtons le pas, ravies par l ‘enchaînement des visites depuis ce matin.

La bibliothèque a été aménagée dans une pièce voûtée aux murs de brique, toute en longueur. Les livres sont classés par genre et par ordre alphabétique, joliment présenté sur des rayonnage simples mais modernes, là encore de la récupe. Plusieurs détails nous charment, la lumière naturelle qui inonde la pièce, les livres sagement rangés, les petites tables et chaises permettant la lecture. Il y fait bon, on a tout de suite envie de cocooner autour d’un thé avec un bon roman. Des petites niches dans les murs au niveau du sol, vestiges de la fonction précédente du lieu, ont été garnies de poupées formant des saynètes locales et ajoutent au charme certain de cet endroit étonnant.

Nous découvrons les livres : des rayons enfants, apprentissage scolaires, divers essais et romans turcs garnissent cette bibliothèque. Tout un rayonnage regroupe les livres étrangers, dont quelques uns en français, dans une majorité anglophone. Une belle collection de magazines GEO attire mon œil, décidément nous allons de surprises en surprises.

 

 

Un thé au milieu des livres

 

 

Nous sirotons un thé avec les responsables de la bibliothèque et en profitons pour leur poser quelques questions. Combien de temps a-t’il fallu pour regrouper tout ces livres ? Qui a eu l’idée de monter cette bibliothèque ?

Il se trouve que les employés ramassent beaucoup de livres lors de leurs tournées quotidiennes. Ils ne sont pas mélangés aux ordures ménagères mais en général déposés à part. Les hommes ne pouvaient pas se résoudre a jeter ces livres, et d’ailleurs pourquoi les détruire alors qu’on pourrait leur donner une seconde vie ? C’est donc leur chef d’équipe qui a tranché : nous avons de l’espace ; créons une bibliothèque. 9 mois de récoltes fructueuses plus tard le projet est né. Deux employés gèrent maintenant à temps plein la bibliothèque qui compte une centaine d’adhérents et est fréquentée par environ 300 élèves d’écoles locales. Les conditions sont les mêmes que dans toutes les bibliothèques publiques avec inscription et possibilité d’emprunter les livres pendant deux semaines.

 

Leurs yeux pétillent, leur fierté est palpable et franchement, c’est contagieux !

Ce projet ouvre une petite communauté d’entreprise au monde de la culture. Quelques employés se sont reconvertis pour poursuivre une action dont ils ne pressentaient pas l’impact. Et tous sont maintenant engagés dans cette forme de recyclage particulière et qui, à mon avis, ne se cantonnera pas aux livres mais s’élargira aux objets. Lors de la visite du bâtiment qui suit celle de la bibliothèque cette intuition se voit confirmée. Le propriétaire collectionne déjà de vieux objets trouvés au hasard, des radios d’époque, de vieux tournes disques, une vieille dactylo et un projecteur a diapos… des objets désuets au milieu de beaux livres anciens reliés. Un peu abîmés certes, mais l’âge ne compte pas. Dans le monde de l’instantané, les livres usagés, oubliés, délaissés ont trouvé ici refuge et protection contre l ‘oubli.

 

Claire Wastiaux

 

 

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