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La sortie du dimanche ou la balade à Gordion

24/03/2018

 Tumulus de Gordion ©Copyright © Antikforever.com

 

La sortie du dimanche ou la balade à Gordion

 

Ça y est cette fois c’est décidé : nous partons en balade ce dimanche en voiture. Il était temps ; voilà déjà plusieurs mois que nous sommes arrivés à Ankara, mais nous avons toujours repoussé l’exploration de la campagne environnante. D’abord repos après un déménagement et un emménagement éprouvants, puis visite des centres commerciaux à commencer par celui d’IKEA le graal de tout occidental déraciné.

Mais cette fois, plus d’excuses : l’appartement est meublé, les rideaux sont posés, le chat a un nouveau panier. Nous sommes prêts.

D’abord lecture du guide ; nous avons jeté notre dévolu sur Gordion ; un site à 1H30 de route d’Ankara : intérêt historique certain, proximité.

Comme nous ne sommes pas encore (pas du tout) de fins connaisseurs de la géographie turque et de ses routes, nous commençons par tenter de programmer le GPS de la voiture vers notre destination.

 

Le GPS

 

 

 

Ceci s’avère déjà d’un certain niveau de complexité, compte tenu du mode d’emploi en turc et de sa mise à jour incertaine. Mais toujours optimistes, nous nous lançons vers l’aventure sur les 11 heures du matin. Là nous suivons scrupuleusement les premières indications de direction mais après avoir tourné pendant plus de 30 minutes dans des quartiers inconnus, la tension commence à monter dans la voiture : où est-ce qu’on est ? c’est à droite ici ? les panneaux ne me disent rien ! et cet idiot de GPS qui dit d’aller vers l’ouest ! mais c’est vers où, l’ouest ? Après quelques échanges verbaux un peu toniques nous reprochant mutuellement notre défaut de préparation, nous décidons finalement de demander de l’aide à notre téléphone prétendument intelligent et oh miracle il nous trouve le chemin.

Nous n’avons plus qu’à nous laisser guider tranquillement durant près d’une heure à travers des quartiers neufs où les immeubles de verre et d’acier s’étalent entourés de centres commerciaux ou industriels. Des camions de chantier effectuent des norias incessantes pour déposer de la terre et des matériaux sur de nouveaux sites en devenir. Peu à peu tout de même la campagne reprend le dessus : verte souvent, vallonnée, mais aride au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la ville. L’habitat change lui aussi ; plus d’immeubles mais des petites maisons vétustes, entourées d’enclos.

On distingue un troupeau de moutons et son berger comme anachroniques dans ce paysage.

Après avoir passé Polatli, nous touchons au but, Gordion apparait enfin ; c’est juste un site indiqué par un panneau, à peine un village.

Alors qu’il s’agissait d’une capitale au temps du rayonnement de la Phrygie et surtout d’un carrefour commercial sur la route de l’Asie.

 

Le musée, le site archéologique

 

Façade de la tombe de Midas, planche tirée de G. Semper, Der Stil, Munich, 1860 ©The swedish parrot

 

La visite commence par le petit musée qui conserve quelques belles pièces phrygiennes et macédoniennes (poteries, pièces de métal, monnaies) et une mosaïque ; l’essentiel des pièces trouvées sur place ont été récupérées par le musée des civilisations anatoliennes à Ankara. Contrairement à toute attente, le musée n’est pas vide ; quelques visiteurs se pressent devant les vitrines, dans un froid glacial (problème de chauffage ?) Mais le plus fort reste à venir.

Face au musée, l’un des nombreux tumulus (plus de 90 d’après le guide) que compte ce site est ouvert à la visite : le tombeau d’un roi phrygien inhumé sans doute entre 740 et 718 avant JC. Un tunnel a été creusé voilà une soixantaine d’années pour explorer le centre du tumulus et accéder au mausolée qu’il contenait. C’est un enchevêtrement de rondins de cèdre figurant une sorte de hutte. Les restes d’un corps y ont été trouvés et analysés par des archéologues, il s’agirait du roi Midas ou peut être son père. Mais au-delà de la personne inhumée là, ce qui frappe c’est le soin apporté à la conservation du tombeau à travers les siècles. Quel respect et quelle foi dans l’homme et son avenir poussent ainsi des humains à investir autant pour conserver leurs défunts ? Respect et foi que nous perpétuons en apportant à notre tour nos techniques et nos moyens pour entretenir ce fil d’humanité.

Une plongée dans le passé qui laisse songeur et ému. Plongée au sens propre puisqu’il faut parcourir un long tunnel souterrain pour atteindre le centre du tumulus.

Une fois ressortis à l’air libre, encore étourdis par cette découverte nous reprenons la voiture pour explorer quelques kilomètres plus loin un grand site de fouilles, sur l’implantation d’une citadelle antique, contemporaine des tumulus. De grands espaces déserts, qui laissent apparaitre les vestiges de ce qui fut un lieu de vie très animé. Un contraste frappant avec le calme et même la désolation de la perception contemporaine de ce site.

Encore songeurs, l’effet du grand air sans doute, mais décidés à renouveler au plus vite cette expérience de remonter le temps nous finissons par reprendre le chemin du retour ; très simple celui-là, la capitale - l’actuelle - est clairement indiquée sur tous les panneaux !

 

 

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